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L’Enseignement Supérieur

Stimuler le Débat sur la réforme de l’enseignement supérieur

Avec une nouvelle série de dialogues sur les politiques, TrustAfrica est en train de cultiver une analyse rigoureuse et un dialogue inclusif sur les moyens de revitaliser l’enseignement supérieur en Afrique.

Exposé des motifs

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Avec ses murs blanchis à la chaux et ses toits en tuiles rouges, l’Université du Ghana de Legon a été pendant longtemps l’un des établissements d’enseignement supérieur de premier plan en Afrique. Ces derniers temps, cependant, son étoile s’est un peu éteinte. Les salles de classe et les dortoirs sont particulièrement surpeuplés. La bibliothèque est quelque peu obsolète. Les facultés sont nettement sous-payées. Les derniers diplômés ont du mal à trouver du travail. Malheureusement, Legon n’est pas un cas isolé. Des conditions similaires menacent les universités à travers le continent.

Beaucoup de ces problèmes remontent aux années 1980, lorsque les budgets ont été réduits conformément aux programmes d’ajustement structurel conçus par la Banque mondiale. L’enseignement supérieur, autrefois considéré comme un bien public, est devenu une simple marchandise qui se bat pour avoir une place sur le marché. Alors que les ressources deviennent de plus en plus rares, la plupart des meilleurs étudiants et professeurs ont saisi de meilleures opportunités à l’étranger. Les critiques parlent de la « décennie perdue » et l’enseignement supérieur en Afrique ne s’en est jamais remis. Plus récemment, l’accent mis sur l’enseignement primaire et secondaire universel s’est fait involontairement au détriment des universités.

Personne ne suggère qu’il est possible, ni même souhaitable, de simplement revenir en arrière. En effet, les difficultés persistantes d’accès, de qualité et de coût sont maintenant aggravées par le rythme rapide de la mondialisation et l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Pour aider à tracer la voie à suivre, TrustAfrica est en train d’élaborer une initiative tri-quinquennale pour élargir le débat sur le rôle de l’enseignement supérieur en Afrique et identifier les meilleurs moyens de réaliser son potentiel. Ce travail concernera d’abord quatre pays : Ghana, Nigeria, Tanzanie et Ouganda. L’initiative cherchera des moyens de générer un dialogue soutenu, des propositions de politiques fondées sur des preuves, des projets pilotes novateurs et un plaidoyer concerté aux niveaux national et régional.

L’enseignement supérieur peut certainement jouer un rôle important dans le financement du développement économique et la construction de sociétés justes. Mais comme convenu par les délégués à la Conférence mondiale sur l’éducation de 2009, il est peu probable de réussir sans des efforts globaux pour « renforcer la pertinence et la réactivité à la réalité politique, sociale et économique des pays africains. »

Stratégies

De manière fondamentale, ce qu’il faut pour transformer l’enseignement supérieur en Afrique, c’est un processus largement participatif qui implique activement tous les acteurs et le grand public dans la recherche de nouvelles solutions. Ces acteurs sont composés des universités, des institutions de recherche et des décideurs politiques, ainsi que des organisations internationales comme la Banque mondiale. Mais en plus des acteurs établis, de nouveaux venus comme la Chine, le Brésil, l’Inde et la Corée, qui ont promis un soutien sous forme de bourses et de partenariats, doivent également jouer un rôle.

TrustAfrica se servira des dialogues politiques pour regrouper ces nombreuses circonscriptions et tirer profit d’un regain d’intérêt pour l’enseignement supérieur et d’un désir de plus en plus grand d’inverser les erreurs du passé. Ce faisant, nous cherchons à construire un processus politique inclusif qui repose sur un véritable partenariat d’égalité. Nos efforts sont axés sur trois impératifs stratégiques :

  • La mise en place d’un cadre efficace pour s’engager dans la formulation et la mise en œuvre de politiques d’enseignement supérieur en Afrique. Des forums et des réseaux qui facilitent la discussion inclusive et l’engagement sont nécessaires pour générer des solutions viables et influencer les politiques gouvernementales.
  • Initier et soutenir les dialogues sur les politiques entre les principaux acteurs en Afrique. Certaines des nombreuses questions qui méritent d’être débattues sont la gouvernance, le financement, la collaboration, l’éthique et les normes, la recherche, la planification, l’assurance qualité et la réglementation, la formation post-universitaire et la relation entre l’enseignement supérieur et le développement économique, les technologies de l’information et de la communication et les marchés du travail.
  • Mobilisation des ressources pour la transformation de l’enseignement supérieur en Afrique. En fin de compte, les institutions qui travaillent dans le domaine de l’enseignement supérieur en Afrique doivent construire un mouvement pour soutenir leurs efforts.
Cette initiative, qui bénéficiera du soutien partiel de la Carnegie Corporation de New York, concernera d’abord deux pays d’Afrique de l’Est (Tanzanie et Ouganda) et deux pays d’Afrique de l’Ouest (Ghana et Nigéria). Elle permettra également d’établir des partenariats avec des institutions pionnières en Afrique australe – comme le Centre pour la transformation de l’enseignement supérieur et l’Association régionale des universités d’Afrique australe – afin de tirer parti de leurs réussites. D’autres partenaires clés sont le CODESRIA, l’Association des universités africaines, le Réseau international pour l’enseignement supérieur en Afrique et le Partenariat pour l’enseignement supérieur.

Activités

Au cours des trois prochaines années, TrustAfrica mènera plusieurs activités visant à atteindre ces objectifs :

  • D’abord, nous allons procéder à une étude de délimitation de l’étendue des organisations travaillant sur la réforme de l’enseignement supérieur dans les pays prioritaires pour obtenir une image claire des enjeux, des opportunités et activités déjà en place. L’étude comprendra une analyse de la situation des politiques pertinentes et permettra d’identifier des thèmes pertinents pour la série de dialogues sur les politiques, tels que les mécanismes d’assurance qualité au niveau régional, l’accès à l’éducation, la pertinence du curriculum, le financement et la gouvernance.
  • Ensuite, nous allons démarrer une série de six dialogues sur les politiques : deux en Afrique de l’Est, deux en Afrique de l’Ouest et deux de portée panafricaine. Les grandes universités joueront un rôle central à chacune de ces rencontres, en collaboration avec les institutions nationales, régionales et internationales pertinentes. Ces discussions seront partagées avec un public plus large par le biais de publications et de diffusions sur le Web.
  • Assistance technique.

En prenant ces mesures, nous espérons stimuler des débats productifs sur l’enseignement supérieur en Afrique et catalyser les politiques qui serviront mieux les populations africaines.